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Salmiech

Eglise de Carcenac Salmiech

XV ème siècle

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Description :

La construction de l ’Église actuelle remonte au XV ème siècle. Elle renferme une Vierge à l’Enfant du XV ème siècle provenant de Bonnecombe et surtout une Mise au tombeau du début du XVI ème siècle qui se trouvait jadis, à l’Église des Cordelliers de Rodez. Elle abrite également une statue de saint Louis d’Aquitaine. Le retable à la chapelle de Notre Dame a été fait vers 1740. Un sarcophage est visible à l’entrée.

Historique et Intérêt :

Le prieuré Saint-Etienne de Carcenac fut unit en 1281 au chapitre de Rodez. l’église construite au XV ème siècle s’est enrichie au lendemain de la Révolution, par l ’initiative de M. Hippolyte de Barrau (mobilier de Bonnecombe et des Cordeliers de Rodez). Le château qui appartenait à la famille de Barrau, fut détruit en 1793 par les révolutionnaires.

Le clocher de Carcenac : d’après un texte de Mr Théron 12120 Salmiech

UN CHEF D’OEUVRE D’ART ET UNE PAGE MOUVEMENTÉE DE L’HISTOIRE LOCALE.

Ce récit a été écrit d’après des documents d’archive et d’histoire locale, les cahiers de délibération du Conseil de Fabrique, les lettres échangées avec l’architecte, la Préfecture, les tailleurs de pierre, les maçons... et d’après « ce que l’on raconte. »

Nous sommes en 1843. Monsieur l’abbé Dheur, originaire de Saint Léon de Levézou, est nommé curé de Carcenac. Il y demeurera 18 ans. Il lui fallut tenacité et patience pour obtenir de la paroisse la construction d’un clocher qui remplacerait la « battière », lourde, massive, écrasée et disgracieuse qui surmontait la toiture de l’église, en son milieu.

Le premier architecte appelé, Monsieur Loirette, présenta un projet qui plût à beaucoup : une construction qui rappellerait les « planjous » (gerbiers) que l’on dressaiit dans les fermes à la récolte des gerbes. Solide, discret, à l’image de la vie rurale.

Seulement voilà ! Cette construction nécessitait que l’on abatte la sacristie que l’on venait tout juste de bâtir, en 1801 dans le prolongement de l’église.

Ce point divisa la paroisse. On n’allait tout de même pas raser une bâtisse toute neuve, de surcroît façonnée gracieusement par des .mains locales. Le ton montait dans les cafés de Carcenac. On en était même venu aux mains à la sortie de la grand-messe un dimanche d’été. Des familles ne se parlaient plus. Les enfants eux-mêmes prenaient parti.

C’est sur ces moments troublés que l’abbé Combes, vicaire à Naucelle fut appelé à remplacer M. l’abbé Dheur. C’était en 1861. A lui de recueillir et de gérer la suite de l’entreprise.

Le nouveau curé, suivant en cela l’avis de la Fabrique, abandonna ce premier projet et fit appel à un nouvel architecte, Monsieur Peschuloche. C’était un ami de Eugène de Barrau.

Dès un premier examen des lieux, le nouvel architecte consentit à ne pas toucher à la sacristie, ce qui eut pour effet immédiat d’apaiser la « fièvre » qui tenaillait la paroisse.

Son nouveau projet présentait un clocher qui enjamberait la sacristie et dont la tour prendrait modèle sur le campanile de Saint Antonin Noble Val (Tarn et Garonne), une construction du Moyen Age, restaurée en empruntant à l’architecture militaire, par Viollet le Duc, un grand architecte du XIXème siècle. Vous observerez que la tour du clocher de Carcenac est couronnée comme le campanile de St Antonin, d’un étage de mâchicoulis. Sur le niveau supérieur de la tour serait aménagé une terrasse, avec chemin de ronde tout autour. Au centre serait érigée une statue de la Vierge.

Monsieur PONS, maçon du village du Bousquet de St Amans-Salmiech fut retenu pour cette construction. Son nom gravé sur la pierre de clavaison de l’arceau marquera l’arrêt de la première tranche de travaux.. Nous sommes en 1862. Pour aller plus haut, les ressources étaient pour l’héure absentes. On se tourna alors vers le Ministre des Travaux Publics. Il fallait pour poursuivre 4000F de l’époque. La majeure partie de cette somme fut allouée à la paroisse grâce à l’intervention de M. Clerk, directeur des Forges de Decazeville et ami au Ministère, du Secrétaire Général des Travaux’ Publics. Le « restant » sera fourni par les· paroissiens en journées de prestation« charrois, apports de sable, fournitures de matériaux, bois d’échafaudage, la soupe des ouvriers à midi et le soir. » Il est également écrit que les « familles récalcitrantes » qui refuseront ces prestations seront tenues de verser à la paroisse une taxe compensatrice de 20 F faute de quoi elles se verront refuser la sonnerie des cloches à la sépulture d’un des leurs.

Monsieur Benoît fût alors choisi comme nouvel entrepreneur de maçonnerie. Il fit ouvrir pour les besoins de la construction une carrière d’extraction de la pierre dans le champ d’un certain Blanquet. Les pierres, de taille, elles, furent commandées à une carrière d’Istournet. Mais afin de réduire les coûts, on devait également utiliser pour la pose des corniches des pierres tombales provenant d’une dizaine de sépultures délaissées au cimetière.

Il ne fallut pas moins de 12 ans pour réaliser cette deuxième tranche. Pendant le temps où s’élevaient la maçonnerie de la tour, puis la flèche, les critiques allaient bon train,. nous relate avec humour des "documents d’archive. On trouvait les jambes du clocher « trop grêles et trop écarquillées ». « Il trébucherait au premier coup de vent ». Certains regrettaient qu’il n’ait pas plus de ventre et plaisantaient sur sa tête vraiment trop grosse. « Nous serons à Carcenac, la risée de tous ». Des paris étaient ouverts.

Mais en 1974, la tour de l’église était dressée, la flèche aussi, défiant le vent et narguant les critiques des derniers naïfs.

Le clocher abritait quatre cloches, heureuses de carillonner une musique de toutes les couleurs, et de ponctuer les journées des trois « angélus ». Très vite le nouvel édifice, loué par les voisins et les visiteurs, charma le regard des gens de Carcenac. Ils en tirèrent fierté.

Mais pourquoi le projet de départ a-t-il été modifié ? Pourquoi n’a-t-on pas dressé sur la plate forme supérieure de la tour (construite, rappelons-le, en prenant modèle sur le campanile de Saint Antonin Nobleval) la statue de la Vierge, initialement prévue ? Pourquoi au dernier moment lui a-t-on préféré cette flèche ? Aucun document d’histoire ne permet de répondre.

Alors pourquoi ne pas accorder crédit à « ce que l’on raconte » qui veut que la « dame du château » qui aurait été originaire des Pays-Bas, aurait voulu cette flèche qui lui rappellerait l’élancement des clochers flamants.

Pouvoir à tout moment la contempler de ses appartements du château adoucirait la nostalgie de son pays natal. Pourquoi pas ?

On notera encore qu’en 1877. 3 ans seulement après que fût terminée l’édification du clocher, un orage d’une rare violence s’abat sur Carcenac ? Les dégâts sont considérables. Le secrétaire du Conseil de Fabrique écrit, avec peut-être une note d’exagération, qu’à l’église « la toiture est enlevée, les fenêtres broyées, le clocher est frappé du haut en bas par la foudre. Démantelé, il menace ruine. » Sur requête du Conseil de Fabrique (les nommés Carcenac, Cluzel de la Bastide, Fernand de Barrau, Vigroux de Lacan, Boissonnade de la Bruyère), le Préfet accorde une subvention de détresse de 1000 F pour exécuter les travaux nécessités par les dégâts causés. Sur proposition du Conseil de Fabrique, le Préfet mandate comme régisseur des travaux à effectuer Fernand de Barrau qui fera en outre ouvrir deux fenêtres à la sacristie qui « manquait d’air et où tout dépérissait. »

Retenons surtout, et là est notre flerté aujourd’hui, que le clocher de Carcenac est un chefd’oeuvre d’art et de foi. Fièrement dressé sur la colline sur cette terre que nous aimons, sa flèche et sa voix annoncent aujourd ’hui comme hier que la VIE est toujours là, tenace et solide, Le flerclocher de Carcenac. Paroisse de valeureux travailleurs, s’élance du sein de la terre, pour protéger dans un long regard, labours, prairies et maisons.

Voir aussi :

- Notice Palissy de l’autel tabernacle sur les bases du ministère de la culture
- Notice Palissy sur la statue de la vierge à l’enfant sur le site du ministère de la culture
- Notice Palissy sur la statue de Saint Louis d’Anjou sur les bases du ministère de la culture
- Notice palissy du groupe sculpté vierge de Pitié sur le site du ministère de la culture

Portfolio

Eglise de Carcenac-Salmiech : Mise au tombeau Eglise de Carcenac Salmiech : Vue générale du Retable Eglise de carcenac Salmiech : Vue du retable Eglise de carcenac Salmiech : Vue du monument aux morts Eglise de carcenac Salmiech : porte dans l'église Eglise de carcenac Salmiech : plaque à l'entrée Eglise de carcenac Salmiech : vue latérale du clocher Eglise de carcenac Salmiech : le clocher de face Eglise de carcenac Salmiech : Vue du clocher de face Eglise de carcenac Salmiech : vue générale du clocher Eglise de carcenac Salmiech : plaque sur la place Eglise de carcenac Salmiech : Eglise de Carcenac Salmiech : Sarcophage à (...)

  • Le clocher de Carcenac - D’après un texte de Mr Théron à Salmiech (PDF - 1.2 Mo)
    UN CHEF D’OEUVRE D’ART ET UNE PAGE MOUVEMENTÉE DE L’HISTomE LOCALE.

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